De nos jours, on parle souvent de bien-être, de qualité de vie, de zen, mais peut-on accéder à tout cela sans une bonne forme physique ?

À l’évidence, il serait donc souhaitable, avant toute chose, d’entretenir notre corps. Cela passe, bien sûr, par une bonne nutrition, du sommeil, mais aussi de l’exercice. À ce sujet, le ministère des solidarités et de la santé préconise, depuis 2002, la pratique d’une activité physique journalière équivalente à 30 minutes de marche rapide (minimum 5 fois par semaine) pour l’adulte et de 60 minutes pour les enfants et les adolescents. L’activité physique ne se réduisant pas à la seule pratique sportive, mais incluant aussi tout ce qui relève du quotidien : déplacements, activités professionnelles et domestiques.

Mais quand est-il du sport exactement, est-il toujours l’allié du corps ? J’avoue qu’après plus de 40 ans de pratique dans différentes disciplines, je reste assez partagé sur la question.

Et oui, pratiquer un sport part toujours d’un bon sentiment, et je pense que c’est essentiel à la bonne santé de l’être humain et à son équilibre tant physique que psychique. Mais derrière chaque discipline, il y a des techniques, des mouvements, des postures (naturelles ou non) et selon la périodicité des entrainements et leur intensité, on aura toute une palette de ressentis. Répéter un geste, même simple, n’est pas du tout anodin, les tendinites sont là pour nous le rappeler. Il est donc indispensable de faire preuve de mesure et de sagesse si l’on veut faire du bien à son corps sans toutefois le brusquer et à terme le traumatiser.

Bien souvent, j’observe des personnes se lancer soudainement et à cœur perdu dans une discipline, seules, sans avoir préalablement réfléchi si elle était en adéquation avec leur forme physique, leur âge, ou encore leur compétence. Que peuvent-elles ainsi attendre, si ce n’est des déconvenues ? C’est pour cela qu’il est important d’être toujours encadré ou renseigné afin d’éviter tous les écueils du débutant.

À l’inverse, la pratique à un haut niveau pose un tout autre problème. On entre dans la politique du résultat à tout prix car au delà des victoires et du prestige qu’elles apportent, de nombreux avantages et intérêts financiers sont en jeu. Le corps devient alors un outil dont on essaie d’optimiser le rendement. Et la récurrence des compétitions ajoutée à la pression, qu’elle soit d’ordre médiatique et/ou financière, pousse très souvent à des abus (dopage, mise en danger de l’intégrité physique des athlètes). 

Mais hélas la « maltraitance » faites au corps se retrouve aussi dans bon nombre de disciplines sans que celles-ci soit pratiquées pour autant à un haut niveau ou de manière professionnelle. Les sports de contacts, de combats ou encore les sports extrêmes en sont la parfaite illustration. 

Bien-sûr, il y a des codes, une certaine éthique, mais au final, c’est le physique qui pâtit. À la suite d’une fracture à un gros orteil lors d’un entrainement de karaté, j’ai eu une véritable révélation. C’est bête, mais la première réflexion qui m’est alors venue en tête c’est, « Mais, pourquoi tu fais ça ? ». C’est vrai, pourquoi ? Pourquoi violenter mon corps alors que je suis non-violent ? Pourquoi l’abimer alors que je souhaite au contraire le renforcer et en jouir pleinement jusqu’à mes vieux jours.     

J’ai donc commencé à envisager ma pratique sportive autrement, et j’ai finalement quitté les tatamis pour les bassins et la salle de fitness. J’alterne désormais natation et musculation douce, en étant un maximum à l’écoute de mon corps et privilégiant désormais bien-être et détente. 

Alors, « oui » à la pratique du sport, c’est l’un de nos meilleurs alliés ! Mais seulement s’il y a écoute ! Écoute de soi-même, de son corps, et si tout est fait dans un esprit d’intelligence et de discernement. 

Mais « non » aux notions de dépassement de soi, de performance, de défi, et de résultat qui ne servent qu’à alimenter les penchants narcissiques de notre égo humain au détriment de notre intégrité physique !