Il est tôt ce matin, j’allume la télé presque machinalement et zappe quelques secondes pour finalement me poser sur une chaîne musicale. Au même instant démarre, Tu donnes, le dernier clip de Jérémy Frérot (ex Fréro Delavega). Je tombe immédiatement sous le charme du titre.

Curieuse de nature, je me précipite sur Itunes pour écouter l’album, et vérifier s’il est d’aussi belle facture que le laisse présager ce single dont le refrain me reste en tête. Quelle belle surprise ! Attentes comblées, et bien au delà. Moi qui n’étais pas particulièrement adepte du duo Fréro Delavega, je suis complètement conquise par ce premier opus enveloppant, aux sonorités électro nordiques. Mais Jérémy Frérot ne semble pas, pour autant, avoir renié son côté pop-folk, et les chansons s’enchainent en douceur, pacifiquement, à l’instar d’une longue et belle balade.

Je veux en savoir davantage ! Je continue ainsi ma petite enquête en consultant quelques interviews de l’artiste. Matriochka, c’est le nom de l’album qui signifie poupée russe en français, clin d’œil aux origines de sa maman. Au départ de l’élaboration du douze titres, notre chanteur avoue avoir écrit sur le thème de la famille de manière quasi compulsive, puis ensuite avoir enchaîné sur des chansons où il laissait parler sa révolte. De tout ça, rien n’a été conservé, ou presque, juste un ou deux titres personnels qui font référence à ses proches comme Plonge, qui on l’aura deviné fait allusion à son épouse Laure Manaudou. Il a donc fallu quelque temps pour que la direction artistique se dessine. Et sa préférence s’est finalement portée sur des thèmes plus globaux, universels et surtout plus lumineux. Comme il le dit très bien, quelle est l’utilité d’ajouter du pessimisme au pessimisme déjà ambiant. 

Dans un entretien accordé à Chérie FM, Jérémy Frérot déclare cultiver une véritable fascination pour les gens. Il aime les observer et se poser des tonnes de questions à leur sujet. D’ailleurs, il mémorise facilement les visages, même de personnes croisées au détour d’un vol par exemple. On comprend mieux maintenant les titres Regarder les gensGaffe aux autres, ou encore Tu donnes qui auraient eu parfaitement leur place dans le numéro 1 d’ADM consacré à la gentillesse. 

L’autre chose à retenir, c’est la spiritualité qui émane de cet album. Jérémy dit s’être nourri et inspiré de nombreuses lectures, musiques et films, dont La Formule de Dieu de José Rodrigues Dos Santos, le documentaire Dernières nouvelles du cosmos de Julie Bertuccelli, et la musique de l’islandais Asgeïr. Peut-être la séparation d’avec son partenaire Florian Garcia, mais aussi son tout nouveau rôle de papa l’ont fait poser sur le monde un regard neuf, réaliser que tout s’entremêlait, qu’il n’y avait jamais de fins mais de perpétuels recommencements, qu’une génération laissait place à une autre, puis une autre, et ainsi de suite, d’où Matriochka et le titre Ouvre cette poupée

 Alors, tous à vos écouteurs, et laissez vous transporter ! Je vous souhaite une belle balade !